Isabelle Macheret
Fondatrice d’Au Coeur du Niger

Ancienne employée de banque, comment en êtes-vous venue à l’humanitaire?
Enfant, je disais déjà que je voulais devenir infirmière pour sauver l’Afrique. Dans un premier temps je me suis écartée de mes rêves en tentant une vie rangée et classique. Ce sont de multiples ennuis de santé qui m’ont incitée à changer radicalement de chemin et à participer à des marathons sur le continent africain. Touchée par les conditions de vie sur le terrain, j’ai décidé d’y revenir pour travailler après dans l’humanitaire. Pas uniquement pour faire de l’assistance, mais dans le but de construire quelque chose de durable.

Pourquoi le Niger?
Parce que c’est l’un des pays les plus pauvres du monde. Imaginez, ce pays qui a deux fois plus d’habitants que la Suisse doit fonctionner avec la moitié du budget du canton de Fribourg. De plus, entre les mariages forcés, les filles-mères et la difficulté d’accès à la scolarisation ou la formation, la situation des femmes y est particulièrement préoccupante.

Vous venez d’y inaugurer le centre «Après-demain». De quoi s’agit-il?
C’est une grande structure d’accueil et de formation scolaire pour les filles orphelines (5 à 15 ans) et les filles-mères (14 à 18 ans). Nous y accueillons plus d’une centaine d’élèves qui reçoivent un enseignement de qualité dans des locaux agréables et sécurisants. Je suis d’ailleurs très fière de l’une des élèves qui vient de réussir les examens dans le meilleur collège de Zinder. Après ses cours au collège, elle assiste les instituteurs au Centre, ce qui lui fait gagner un peu d’argent. Un projet de 2e Centre pour les garçons est à l’étude, sur un terrain de 10 000 m2 mis en jouissance par la mairie de Zinder.

Comment peut-on vous soutenir?
En parrainant un enfant orphelin ou par un don. L’argent va ainsi directement sur place avec des résultats concrets. Tous les frais d’administration sont pris en charge par des sponsors et je contrôle chaque dépense pour qu’elle soit le plus efficace possible.