Il faut rappeler que notre spécialité s’occupe avant tout du désir complexe d’un homme et d’une femme parfois irrationnel, celui d’avoir un enfant.

Il y a autant de désirs d’enfant différents que d’individus sur la terre, ai-je l’habitude de dire à mes patients

Il y a autant de désirs d’enfant différents que d’individus sur la terre, ai-je l’habitude de dire à mes patients. Avant de leur proposer quelques examens et traitements, par respect pour la personne, nous devrions tous commencer par reconnaître le caractère unique de ce désir dès la première consultation et pendant tout le processus du traitement lui-même, que notre patiente présente au bilan hormonal un taux d’hormone antimüllerienne (AMH) abaissée ou l’âge fatidique de 43 ans, tous deux étant des facteurs de mauvais pronostic.

Se centrer sur le patient

La réalité avec laquelle nous devons travailler est que plus de 50% d’entre eux n’auront pas d’enfant et cela avec ou sans diagnostic préimplantatoire (DPI) et qu’un échec de traitement est équivalent à la perte d’une personne proche sur une échelle de stress tant la douleur psychique et existentielle est importante.

Les causes d’échec thérapeutique sont souvent complexes et souvent encore mal comprises malgré les techniques de PMA avancées. Aussi, il serait nécessaire d’opérer un véritable virage au niveau clinique car, faut-il le rappeler, dans la définition de la santé de l’OMS on parle aussi de bien-être et pas seulement de guérison bien loin de la réalité pour de nombreuses maladies chroniques comme l’infertilité.

Aussi, l’innovation en Suisse pourrait venir d’un changement de paradigme au niveau de notre clinique quotidienne: celui de placer le patient au centre et de l’approcher comme une personne à part entière, autrement dit comme sujet-corps animé d’émotions avant qu’il ne devienne une pathologie utérine ou du sperme.

Une des clés pourrait être, comme on l’enseigne en haptonomie,… d’intégrer à tout instant dans notre pratique l’univers de l’affectivité permettant une rencontre thérapeutique authentique ainsi qu’un accompagnement mettant en mouvement l’intentionnalité vitale du patient qui pourra l’amener de manière autonome et digne à dépasser ces expériences souvent douloureuses.