Dans le canton de Genève, le chiffre de personnes inscrites à la brigade des mœurs pour pratique de la prostitution ne cesse de grimper. Il y a dix ans, la police en dénombrait 800. Aujourd’hui, elles sont environ 6 000. Avec une telle offre, la concurrence entre les travailleuses du sexe ne cesse donc de s’accroître et il devient de plus en plus difficile, pour certaines d’entre elles, de vivre décemment de cette activité.

Une question de survie

Les prostituées sont en majorité des femmes migrantes, âgées de quarante ans, faiblement qualifiées et mères de famille monoparentales. Pour elles, le travail du sexe ne relève pas d’un choix professionnel mais davantage d’une stratégie de survie, en raison de la crise économique qui sévit dans leur pays. A Genève, elles doivent s’acquitter du paiement de leur chambre dans un salon (3 000 francs par mois en moyenne), payer leur assurance maladie et leurs impôts. Elles sont ainsi obligées de multiplier les clients pour générer un bénéfice. Cela les conduit à accepter des prestations sexuelles non protégées les exposant aux maladies sexuellement transmissibles. Plongée dans une situation de précarité et ne souhaitant pas contracter des dettes, elles ne consultent souvent pas de médecins. Certaines d’entre elles sont alors contraintes de poursuivre leur activité, bien qu’elles rencontrent des atteintes à la santé, que ce soit au niveau psychologique, physique ou médical.

Construire un projet

A Genève, certaines associations viennent en aide aux travailleuses du sexe qui souhaitent arrêter cette activité: elles sont souvent dans une situation de vulnérabilité ou de souffrance psychologique. Les associations collaborent étroitement avec le réseau socio-sanitaire genevois afin d’offrir d’autres perspectives à ces femmes. Cours de français ou encore suivi personnalisé. Elles développent des projets socio-professionnels pour favoriser l’accès à la formation et à l’emploi.