Dr Béatrice de Moustier
Endocrinologue-diabétologue

Qu’est-ce que l’ostéoporose?
C’est une maladie qui se traduit par une diminution de la densité et de la qualité de l’os entraînant une fragilité du squelette et donc un risque accru de fracture. J’ajouterais que c’est une maladie indolore et silencieuse jusqu’à l’apparition d’une fracture. Elle touche le plus souvent les femmes après l’installation de la ménopause.

Mais dans ce cas, comment peut-on dépister cette maladie?
Comme on ne la détecte que rarement avant une fracture, il est recommandé d’effectuer un dépistage simple (prise de sang et souvent minéralométrie osseuse) surtout s’il existe un ou plusieurs facteurs de risques osseux.

Quels sont ces facteurs de risque?
Ils sont assez fréquents et incluent principalement: une notion de fracture du col du fémur chez le père ou la mère, une diminution de la taille de la personne de 3 à 5 cm, un IMC à moins de 20, un tabagisme actif; une insuffisance prolongée d’apports calciques dans l’alimentation; et/ou un traitement par cortisone pendant trois mois ou plus; enfin les femmes qui ont eu une ménopause précoce ou celles qui font un entraînement de compétition.

Qui sont les personnes touchées?
C’est une maladie très répandue. On estime qu’en Suisse une femme sur deux va souffrir d’une fracture par ostéoporose à partir de l’âge de 50 ans. Un homme sur quatre sera affecté. Chez la femme, les premiers signes peuvent apparaître vers 50- 60 ans, du fait d’une carence en œstrogènes après la ménopause.

Y a-t-il des moyens de prévenir cette maladie?
Une alimentation riche en protéines et calcium est nécessaire. Les personnes intolérantes au lactose devraient prendre certaines eaux minérales enrichies en calcium. La vitamine D est aussi essentielle: une exposition protégée au soleil (environ ½ heure par jour) et/ou un supplément sous forme de gouttes permet en général un apport suffisant en vitamine D. Enfin, il faut pratiquer une activité physique régulière et, en particulier, la marche ou la danse: zumba ou danse rythmique. Cette dernière est efficace pour prévenir certaines chutes.

Est-ce que c’est une maladie qui se soigne?
Il est possible de stabiliser la perte osseuse et dans certains cas d’augmenter la densité de l’os, grâce à des traitements hormonaux de substitution de la ménopause, des anti-œstrogènes, des inhibiteurs de la destruction de l’os (bisphophonate ou anticorps monoclonal) ou encore la parathormone, qui stimule la formation de l’os.