Ne plus renoncer à sa carrière et vivre librement sa sexualité, ces acquis sociaux ont permis aux femmes modernes d’évoluer à l’instar des hommes dans une société qui leur offre de plus en plus d’opportunités dans le domaine du travail mais aussi dans celui de la sphère privée. Une liberté parfois toute relative car elle se fait au détriment de la maternité, par exemple. Repoussée, rejetée voire supprimée de son plan de vie car «ce n’est jamais le bon moment».

Une prétendue liberté

A ce sujet, Pierre Monferini, directeur d’une association fribourgeoise qui soutient la mère et l’enfant, explique que les femmes sont victimes d’une prétendue liberté: «Notre société, dit-il, tend à ignorer le rayonnement et la fécondité au profit du brio et de la jouissance. Dès lors, la libération de la femme a prétendu se faire contre sa maternité, cette dernière étant perçue comme un enfermement et une aliénation.» Il resterait donc encore une étape à franchir dans le mouvement d’émancipation féminine qui consisterait à y intégrer la maternité.

Soutenir les femmes

Pour accepter la maternité il faudrait qu’elle ne constitue pas une difficulté. Et pour cela, l’exemple de la Suède est parlant, chaque individu bénéficie pendant toutes les phases de sa vie d’une sécurité économique lui permettant de faire face à toutes les situations de perte de salaire: la grossesse en est une. Convaincre l’Etat de l’importance de soutenir la famille mais aussi de pousser les entreprises à ne pas pénaliser les femmes qui décident de fonder une famille, c’est sans doute la bataille de notre siècle. Avec un enjeu économique mais aussi moral pour Pierre Monferini, qui y voit une mainlevée contre l’égoïsme, car «la femme a cette capacité propre de pouvoir accueillir un autre dans son corps. Cette présence de l’autre en soi peut être vue comme une invasion et une aliénation, mais c’est en vérité la figure la plus haute de la générosité et de l’hospitalité: donner la vie, faire place à l’autre».